Interview › Eleonora (Underground Soul)

Eleonora (Underground Soul)
Beaucoup d’entre vous doivent probablement se demander qui est cette mystérieuse Eleonora, et bien pour ma part, ça fait quelques années que je me rendais ponctuellement sur son site Underground-soul.com pour y lire ses excellents articles et interviews, et son amour pour la musique et les artistes apportait toute la grandeur de ces derniers. Aujourd’hui, cette mélomane prend un nouveau virage dans ses multiples carrières, et ses projets aussi éclectiques que sa vision de la Musique devraient en inspirer plus d’un ! Enfin… je l’espère ! :P

Hey Eleonora!
Hey Dareth!

Cet été ne s’annonce pas de tout repos pour toi : un projet radio et une nouvelle compilation « Underground Soul Sessions ». Peux-tu nous en dire plus ?
Oui en effet, cet été sera très chargé. Le show et la nouvelle compilation devaient sortir tous deux en juin, mais la date a été repoussée par Irma, et j’ai donc dû changer quelque peu mes plans. Mais je suis très excitée par la nouvelle direction que prend le CD, et pour être honnête, cela se rapproche plus de ce que j’avais en tête au début du projet ! Il semblerait que j’ai trouvé un label qui partage ma vision des choses et qui ne me restreint à aucun genre. A ce stade, nous envisageons une sortie pour octobre.
Le show présente également quelques changements, mais j’espère pouvoir t’en dire plus très prochainement.

Ce sera un double CD. Nous réserves-tu tant de surprises à l’intérieur ?
Un double CD est la meilleure manière de retranscrire cette expérience dans sa totalité. On y retrouvera d’incroyables artistes tels. Opolopo, Modern Groove Assembly, Makossa et Megablast, the Jinks et quelques autres nouveaux talents émergeants.

Tu décries ton mix comme “une musique difficile à catégoriser” et “un son fondé de mélodies soulful”. Sur quoi se basent tes choix pour ton mix ?
Il y a bien sûr différents éléments qui retiennent mon attention, mais je me reconnais et me retrouve toujours dans des mélodies avec des lignes de bass chaudes, et dans lesquels se dégagent une certaine émotion.
Je ne choisis pas mes musiques en fonction du genre, il s’agit surtout d’une question de feeling avec la chanson. Comme lorsque tu rencontres une personne pour la première fois, soit le courant passe, soit non ! C’est la même chose avec la musique. J’ai toujours suivi mon instinct dans tout ce que j’entreprenais dans la vie, et choisir une musique ne fait pas exception.
Quand je mixe, mon objectif est de faire voyager mon public, et j’aime y apporter une multitude de touches tout en restant cohérente.
Je ne suis vraiment pas du genre à jouer tout bêtement les derniers hits. Pour moi, les qualités d’un bon deejay reposent sur un set qui va au-delà des époques et des genres.

Wow! J’aime ta vision de la musique! Tout au long de ton parcours, tu as pu rencontrer des artistes de renom tels Rashaan Patterson, Corinne Rae Bailey, V, Jill Scott… Comment les connections se sont-elles faîtes ?
Oui, ces dernières années, j’ai eu la chance de rencontrer et de travailler avec tant d’artistes incroyables, que ce soit dans le marketing, l’A&R (ndlr: Artiste & Répertoire), ou tout simplement par connaissance. Je me suis liée d’amitié avec la plupart d’entre eux, et je m’aperçois que les artistes les plus populaires sont souvent des personnes fantastiques et des plus humbles, avec qui il est très agréable de se retrouver.

Pour autant, à travers tes projets, tu te dévoues plus pour les artistes émergents en tentant de les exposer plus sous les feux des projecteurs. Qu’est-ce qui te tient à cœur dans cette démarche ?
Je suis en mission ! J’aime l’idée de pouvoir quelque part changer la donne. Faire émerger l’underground et le mettre à l’égal des mouvances plus mainstream. J’ai toujours pensé que plein de gens, si ce n’est presque tout le monde, pouvaient faire la différence entre la bonne musique et la mauvaise, il suffit juste de la leur faire écouter. Et ma théorie se confirme à chacun de mes sets. Ce qui m’encourage vraiment et me pousse à continuer dans cette direction.
C’est aussi pour cela que j’ai créé mon agence de Relation Presse AheadPR, qui je dois le dire, acquiert de plus en plus de crédit. Nous venons juste de signer Anane de Vega Records pour son nouveau single.

Oh, une nouvelle artiste underground ! Je ne la connais pas, mais j’irai jeter une oreille ;) Il y figurait déjà des artistes de renoms et d’autres moins connus dans ton premier album « Underground Soul » qui a principalement bénéficié d’une promo web. Quelle expérience en as-tu tiré ?
Depuis qu’il s’est démocratisé, Internet a joué un rôle majeur dans ma vie. Cela m’a tout d’abord permis d’avoir accès à d’innombrables musiques, puis de me constituer un réseau de contacts qui reste vraiment la base de ce que je fais aujourd’hui.
J’ai donc toujours cru en Internet et reste aujourd’hui persuadée qu’il continuera d’être une force dans mes projets à venir.
Cette année, je vais beaucoup utiliser Myspace pour la promo de mon nouveau CD.
Et mon prochain challenge sera de créer un label (qui sera entièrement numérique).

Pour une personne comme toi qui connaît bien le game, miser essentiellement sur une promo web n’a pas été une stratégie (trop) culotée ?
Cela va dans le sens de ce que j’ai pu dire plus haut. J’ai toujours vu en Internet un immense potentiel pour vendre son produit et atteindre son cœur de cible de manière efficace et à un coût moindre. La preuve en est que j’ai eu de très bons retours sur la presse papier, et que j’ai également pu faire de la promo radio, conséquences des actions menées sur la toile en amont. C’était un pari sur lequel j’avais misé, et je suis plutôt satisfaite de la manière dont ça a marché !

Et comment conçois-tu un label entièrement numérique ?
Tu devras attendre encore un peu pour en savoir plus, mais j’ai déjà un concept en tête et je suis vraiment excitée par ce nouveau challenge !

Parlons de ton impressionnant parcours ! De l’Italie à Londres, de la Soul aux mix expérimentaux, tu as connu et travaillé dans différents secteurs de l’industrie musicale. Comment ton amour pour la musique t’a conduit jusqu’à ta vie actuelle ?
La musique inspire chaque jour de ma vie. C’est ce que j’ai toujours chéri et c’est la raison pour laquelle j’ai tout abandonné derrière moi. Ayant grandi en Italie, j’ai ressenti une grande frustration du fait d’être entourée par des gens superficiels et étroits d’esprit qui n’ont jamais essayé d’aller au-delà de leur frontières question musique. Je pourrai dire tant de belles choses sur l’art italien d’antan, mais je suis navrée de ne pas pouvoir en dire autant sur ce qui a suivi. La mode est importante ici. Et les italiens l’appliquent à toutes les sauces, même dans la musique. C’est pourquoi il n’est pas possible de progresser dans un tel environnement.
A Londres, je me sens plus chez moi. La scène est si ouverte, je découvre toujours quelque chose de nouveau. J’aime comment les gens expérimente les sonorités, et je me suis surprise plusieurs fois à écouter des musiques que je n’aurai jamais cru un jour aimer. Par exemple, la Techno n’a jamais été ma tasse de thé jusqu’à que je vois mixer Carl Craig !

Donc partir pour l’Angleterre était une évidence je présume…
Au lycée, je suis parti un été en Angleterre pour un séjour linguistique, et durant mon arrêt à Londres, j’ai été scotchée par la musique, la scène et la culture. Je n’arrivais pas à croire de mes yeux que je voyais mes artistes favoris se produire, et je passais des heures et des heures chez les disquaires pendant que mes camarades sortaient s’amuser. Une fois mes études terminées, j’organisais mon déménagement, et en parallèle je créais la communauté Underground Soul afin de rester en contact avec toutes mes âmes sœurs musicales dispersées à travers le monde.

Je venais de temps en temps sur ton site, et appréciais vraiment le contenu. La nouvelle version de Undergound-soul.com a dorénavant perdu son aspect communautaire, il traite plus de ton actualité et de tes projets. Pourquoi ne pas avoir conservé ces principes et tes intéressants articles ?
J’adorais écrire des chroniques d’albums, interviewer des artistes, et plus en général, discuter et donner mon point de vue sur l’industrie musicale… mais tu sais, il n’y a que 24 heures dans une journée ! J’ai du commencé à organiser mon emploi du temps différemment et canaliser mon énergie plus consciencieusement. Je préfère écrire occasionnellement, quand je suis inspirée, et ne pas ressentir de pression vis-à-vis de deadlines, ou tomber dans une routine.
De plus, avec des sites de réseau comme Myspace, je ne ressens plus le besoin d’appartenance à un groupe ou une communauté dans la mesure où à la fin de la journée je suis toujours en contact, d’une manière ou d’une autre, avec les personnes de Underground Soul.
C’est en fait beaucoup plus excitant puisqu’ils viennent me voir à mes soirées ou à mes répétitions, et nous partageons donc plus de choses personnelles.

Et quand cette passion pour la musique t’est-elle venue ?
J’ai commencé à écouté de la musique de ma propre initiative vu que mes parents n’ont jamais vraiment été des fans de musique. En tant que fille unique, j’avais pas mal de temps libre en rentrant de l’école, et je le passais à écouter la radio ou à regarder MTV. C’étaient le milieu des années 80, et à l’époque, même en Italie, on écoutait les grands : Michael Jackson, Madonna, Simply Red, Sade, Stevie Wonder. Ce furent mes premières influences, et vers l’adolescence, je me suis dirigée vers le Hip Hop, le R&B et la New Jack Swing.

Oui, il paraît que tu as une formation Hip Hop et que tu as fait parti d’un groupe de New Jack…
A l’époque je trainais avec quelques emcees et des breakers, et on restait dans le délire à travers la musique. Je ne me suis pas retourné sur mon passé depuis, mais je m’étais déjà fixé comme objectif d’apporter ma contribution à la scène d’une manière ou d’une autre.

Et tu le fais très bien, même si j’aurai préféré quelque chose de plus Hip Hop Soul ou R&B… pas spécialement le délire qu’on peut actuellement entendre à la radio ou à la télé… Juste quelque chose plus proche de ce que toi ou moi écoutions à l’époque. Projettes-tu un album plus teinté de tes premières influences ?
Autant j’écoute énormément de classiques old school chez moi, autant je ne suis pas une nostalgique qui reste attache à un passé. J’aime plutôt les expériences d’un nouveau genre, et croire dans une évolution ou un renouveau.
Mais soit disant en passant, tu peux être sûr que mes mix dans mes soirées contiennent des classiques et que tu en auras pour ton compte, stay tuned !

Cette passion t’as amené dans différentes carrières musicales : journaliste, publicitaire, découvreur de talent, manager, A&R, entrepreneur, etc… A-t-elle suffit à te pousser à faire toutes ces choses là ou y’a-t-il eu une sorte de chemin tout tracé que tu as suivi naturellement ?
Je dois dire que c’est une combinaison des deux, mais la passion et le challenge ont toujours été le moteur. Chaque expérience que j’ai vécue par le passé m’ont permis de mieux comprendre le game dans sa globalité. J’ai également ainsi appris à faire face à pas mal de situations.
Malgré une carrière assez importante, je n’ai vu que quelques facettes de l’industrie musicale, et c’est toujours fun de relever de nouveaux défis. Il reste encore tant de choses que j’aimerai accomplir !

Aujourd’hui tu es deejay !
Pour être honnête, j’ai commencé le deejaying pour le fun, c’était à l’époque où je concevais la1ère compilation pour Expansion, j’ai mixé là bas juste pour le buzz, et depuis j’ai vraiment accroché et j’ai commencé à y consacrer plus de temps. En moins de 2 ans, j’ai eu la chance de jouer avec quelques uns de mes artistes favoris : King Britt et Vikter Duplaix. C’était un rêve qui est devenu réalité ! De plus, musicalement, nous avons le même feeling, ce qui allait bien au-delà de mes espérances ! Techniquement parlant, je collectionne la Musique depuis l’âge de 6 ans, je suppose que devenir deejay m’était donc plus ou moins prédestiné.



Tu as fait tant de choses incroyables ! Je sais que ce n’est pas une question de gentleman, mais est-ce indiscret de te demander ton âge ?
Si nous étions face à face, je t’aurais demandé de deviner ! J’ai donc 26 ans, 27 en octobre. Est-ce que je fais plus vieille ? (rires)

On a presque le même âge ! Suis-je un goujat si je te répondais qu’en effet, je t’aurai donné 28 ou 29 ans (en tout cas moins de 30) ? Si tu me réponds que je n’en suis pas un, je te propose un petit rendez-vous ! :P
(rires)

Merci pour ta disponibilité, je te laisse le mot de la fin…
Mille mercis pour l’intérêt porté à mon projet "Underground Soul Sessions". La nouvelle compilation (un double CD !) sera bientôt dans les bacs via Irma Records. Garde un œil sur www.underground-soul.com et mon myspace pour connaître toutes les nouveautés !



Official website : www.underground-soul.com
Official myspace : http://www.myspace.com/eleonoracutaia





Déposée le 02/09/2007 par 99er - Source: rnbjam.com - vu 2537 fois



Auteur Commentaire
MeLiyaH2906
Posté le: 04/09/2007 à 15:36
Merci 99er pour cette ITW ... Je vais jeter un coup d'oeil sur cette artiste underground qui a l'air douée ( cf son parcours 8 I ) ... ; )
Redmanlover
Posté le: 15/09/2007 à 00:16
Si 99er l'a reperer, c'est qu'elle a forcément un talent évident! je vais moi aussi écouter de ce pas!!
en tout cas, sympas cette tite itw
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