Interview Gage va "Changer le Monde"
Ca fait déjà 3 ans…3 ans que Gage débarquait en France et nous présentait son premier album « Soul Rebel ». Aujourd’hui, il nous est impossible de rater son nouveau single « Pardonne Moi » qui envahit les ondes radios et nos TV…et ce n’est surtout pas pour me déplaire. Qui dit nouveau single…dit nouvel album ! En effet, Gage nous revient avec pour objectif de « Changer le Monde ». Voici alors un opus toujours aussi personnel qui aborde différents thèmes tels que l’amour, son différent avec son père, sa « rupture » avec Corneille et on peut même y trouver une collaboration inattendue avec Vitaa….halte aux mauvaises langues : le titre est une tuerie ! A partir du 30 Juin, vous pourrez vous procurer cet album (que j’écoute en boucle depuis des semaines…tellement je le trouve bon !) et n’hésitez pas à acheter votre place pour le concert du 9 Octobre au Bataclan…je ne le redirai jamais assez : Gage sur scène, c’est à ne surtout pas manquer !
Salut Gage, comment vas-tu depuis la dernière fois que l’on s’est vu ?
Je vais super bien, je suis un peu excité, un peu nerveux…c’est un arc-en-ciel d’émotion (rires). L’album sort le 30 Juin prochain, c’est dans quelques semaines seulement. Avant, je me disais qu’il me restait encore des mois et là le projet va aboutir et j’ai hâte de voir la réaction des gens. J’espère que ça va marcher, que je ne vais pas décevoir et recevoir plein de messages négatifs sur myspace.
Entre « Soul Rebel » et la préparation de l’album, tu t’es essayé au Canada un peu ?
Pas du tout…j’ai fait quelques scènes comme les Francofolies mais j’aurais préféré faire une tournée à Montréal et je n’ai pas eu cette chance. J’espère pouvoir le faire avec mon nouvel album qui sortira en Septembre là bas. On laisse un petit délai parce qu’on a fait l’erreur de sortir « Soul Rebel » en même temps et c’est pas évident quand tu es demandé à Montréal alors que tu es en France. Et en France, quand on t’aime, on te kidnappe !
Aujourd’hui, tu as envie de « Changer le Monde » avec un 2e album…il y a un grand absent, c’est Corneille. Comment as-tu choisi ton équipe ?
Ca a été un vrai casse-tête (rires). On a mis du temps et l’équipe qu’on a là, ça doit être la 4e ou 5e je crois. Je savais que Corneille ne serait pas présent, que je n’aurais pas la même équipe, les mêmes musiciens alors il a fallu faire plusieurs maquettes et j’ai du écrire, composer et m’impliquer davantage. Je devais faire confiance à un parolier, à un compositeur en leur expliquant ce que je voulais faire et c’était le plus dur.
René, mon manager, est arrivé avec le CD d’Amy Winehouse…j’ai pris une claque et la 1er chanson que j’ai enregistré est « Changer le Monde ». C’est ce qui a donné le ton de l’album. J’aurais pu suivre la tendance et faire des sons à la Timbaland mais j’avais envie de faire un retour aux sources et j’espère que mon public va s’y retrouver.
On s’y attendait un peu parce que sur scène tu reprends pas mal de titres Soul…
Oui, et l’album est un défi…en anglais, ça marche très bien avec les « Baby I love you » mais en français il faut trouver le texte qui va aller avec le son. Mon travail a été de me faire confiance…sinon, j’ai fait beaucoup de maquettes et quelques semaines après je me rendais compte que ça n’allait pas. Le travail a été super dur et c’est ce qui explique mon absence.
En quoi ce 2e album diffère de « Soul Rebel » ?
Je pense que je découvrais ma force avec « Soul Rebel », je ne savais pas ce que j’étais capable de faire…je n’avais jamais vécu ça : quitter un pays, en découvrir un autre, rencontrer un public… Maintenant, je m’y attends, j’ai évolué…j’ai été en Martinique, en Guadeloupe, en Tunisie pour le concert de la Tolérance et c’est à partir de là que les textes commençaient à germer. En rencontrant tout ce monde, j’avais envie de parler aux gens…Obama disait « Yes, we can change » et je me suis dit la même chose. J’avais envie d’être en phase avec mon art et avec mon public…de ramener du Stevie Wonder, du Marvin Gaye et « Changer le Monde » c’est mon « What’s going on ». C’est mon hymne !
Ton premier single « Pardonne moi » cartonne en ce moment…tu passes en boucle en radio. Le matin, quand j’allume la télé je vois le clip, le soir c’est pareil. Bref, t’es partout ! Tu t’attendais à un tel engouement ?
Tu sais, quand on est arrivé il y a quelques mois pour faire écouter la maquette aux personnes…c’est toujours le titre « Pardonne moi » qui revenait. Et c’est comme ça qu’on l’a choisi mais peut-être que « Mon Frère » aurait pu être le 1er single ou un autre titre je ne sais pas. Mais après la sortie du clip, j’ai vu l’engouement du public…j’ai lu les messages sur myspace et tous les jours j’étais accro ! Je me levais le matin et j’allais directement dessus et aujourd’hui, je suis agréablement surpris. Les gens me disaient « On t’attend, on t’attend » et quand tu vois tous les messages, tu te rends compte que tu étais vraiment attendu et ça fait plaisir
Je trouve le texte magnifique…c’est toi qui l’a écrit ?
Non, j’ai fait appel à une jeune parolière qui s’appelle Jane Calamity. On s’est rencontré à Montréal et j’ai beaucoup écrit avec elle. J’avais déjà des textes sur le thème mais elle est arrivé avec un texte concis et cette histoire, c’est celle d’un ami à moi qui s’est retrouvé en prison et a perdu ses amis, sa famille…j’étais à l’extérieur et je voyais tout ce qui se passait. Et le pardon est quelque chose de tellement fort… je suis parti pendant 3 ans et c’est comme si c’était moi qui demandait pardon à mes fans d’être parti si longtemps. Je voulais savoir si j’avais toujours la place dans vos cœurs, est-ce qu’il y avait encore le souvenirs du petit canadien qui arrivait avec son « Pense à moi » ? J’avais envie de faire mon retour tranquillement…
On va en revenir à Corneille. Aujourd’hui, vous ne vous parlez plus et pourtant tu lui as dédié un titre « Mon Frère » où tu dis qu’il sera toujours ton frère, que tu lui pardonnes et que vous vous reverrez… Est-ce que ta maison de disques lui a fait parvenir le titre ?
Non, je ne pense pas encore. C’est la première fois que ça m’arrive…de perdre une amitié de 10 ans ! Et en plus, c’est quelqu’un qui m’a aidé dans ce que je fais et on s’est perdu de vue… Je ne me sens pas très à l’aise mais j’espère qu’il va écouter l’album et notamment ce titre…il n’y aucune rancunes, c’est plus un cri d’amitié. J’suis un mec et c’est dur de dire que tu perds un frère. Ca m’a fait peur parce que je me suis demandé si c’était ça la vie ? Tu passes un bout de temps avec des personnes, puis tu te maries et tu changes de cercle d’amis ? Je ne sais pas…mais en même temps, je l’aime beaucoup, il est bourré de talent et m’a donné tellement ! J’ai fait ce titre pour en parler avec mes fans parce que je savais qu’on allait me demander pourquoi il n’était pas sur l’album…et là, je montre à Corneille que je suis toujours derrière lui et j’espère le revoir. En tout cas, je sais que sur scène, ça va être haut en émotion et même en studio c’était difficile…
Dans le 1er album, tu avais déjà abordé le sujet de ton père dans « Viens me voir » et là tu lui dédies un autre titre sur « T’étais où »…pourquoi en reparler ?
La plaie est encore ouverte…Sur « Viens me voir », c’était le petit garçon qui parlait et sur « T’étais où » c’est plus l’homme qui s’exprime. J’ai des faiblesses et je lui demande « T’étais où ? Pourquoi tu ne m’as pas aidé à surmonter tout ça ? ». Le fait de parler d’une plaie qui est encore ouverte va me permettre de guérir parce que je me pose encore des questions par rapport à mes relations avec les femmes, j’ai envie d’avoir des enfants et j’ai peur… Ca me travaille et j’avais envie de repartager tout ça avec les gens mais cette fois-ci avec plus de maturité. Un peu comme « Mon Frère », je pense qu’il est important de montrer mes faiblesses… Sur scène, quand je chantais « Viens me voir », j’étais toujours au bord des larmes mais avec « T’étais où », je vais y sortir ma haine, ma frustration et je pense que ça me permettra de faire la paix.
Il y a un duo très inattendu sur cet album…tu as fait un titre avec Vitaa. Comment as-tu choisi cette artiste plutôt qu’une autre ?
Je l’ai rencontrée lors d’un concert pour l’Association Laurette Fuguain. Honnêtement, elle n’a pas du tout la grosse tête et je ne dis pas ça juste pour lui envoyer des fleurs. Je rencontre beaucoup d’artistes qui prennent un peu leurs distances alors qu’avec Vitaa c’était vraiment cool ! Elle est venue, m’a dit qu’elle aimait ce que je faisais.. On s’est revu à Montréal et elle voulait écouter mes maquettes. J’étais un peu réticent et je lui ai fait écouter un son Motown car je savais qu’elle avait signé chez Motown France. Elle m’a proposé d’écrire la chanson et que si ça ne marchait pas on laissait tomber. Quelques mois plus tard, je me suis retrouvé à Paris, j’ai écouté et on a enregistré le titre en studio…et je suis tombé sous le charme d’une fille super zen, il y a eu un véritable échange et nos voix collent bien ensemble. Je suis très content d’avoir un feat sur l’album.
Il y a un concert de prévu au Bataclan le 9 Octobre et une mini tournée…je conseille vraiment à tout le monde d’aller te voir sur scène. A quoi doit-on s’attendre ?
C’est encore Roots et Soul. Pour moi, la scène c’est de voir les musiciens se démener…j’espère qu’on va être 7 sur scène à donner le maximum. Cet album est trop riche musicalement et on peut s’attendre à beaucoup de Soul ! Ca n’a jamais été mon fort de me retrouver sur scène avec des danseurs…par contre, avec la maturité que j’ai pris, j’ai vraiment hâte ! J’ai envie de manger 2 000 personnes d’un coup…. Je me souviens de mon premier Bataclan où je recevais mon disque d’or des mains de Corneille. Je me rappelle des gens, de la file d’attente qui faisait tout le tour de la salle, j’étais vraiment surpris.
Là j’ai hâte parce qu’il y aura « Soul Rebel » et « Changer le Monde », ça va être la fiesta (rires). J’aurais même plus besoin de faire de cover, avant je me cassais la tête à trouver des reprises et maintenant je suis tellement confiant avec mes titres que j’ai envie d’emmener mon public et de le faire planer…
On va pouvoir planer avec le titre « Doudou »….Gage t’es amoureux ?
J’ai fait ce titre car quand tu rentres en studio et qu’après tu rentres à la maison et qu’il y a des prises de tête…c’est pas cool ! Tout ce que je voulais c’était qu’on me prenne, qu’on s’occupe de moi et c’est ce que je dis dans la chanson…je suis dans une phase de remise en questions. Je rentrais à la maison vers 2h du matin et du coup « Doudou » en prend un coup et te dit que t’es plus là… Des fois, ça fait du bien d’être vulnérable, et ça je l’ai appris avec le 1er album.
Donc, c’est un album très personnel…
C’est toujours personnel, tu ne peux pas faire un album Soul sans que ce soit personnel sinon ça devient du R&B et c’est la différence pour moi. Quand Aretha Franklin chante « Respect », tu sens qu’il y a de la frustration c’est pas juste « j’suis jolie, regardez moi »…j’ai pas envie de faire ça. En plus, je chante en français donc c’est le texte qui prime…j’ai envie que dans quelques années on revienne sur « Pense à moi » et qu’on se dise que ça rappelle de bons souvenirs. Quand tu vois Henri Salvador qui a continué sur scène jusqu’à 90 ans…j’ai envie de faire pareil, tu sais avec mes locks blanches et bouger sur « Pense à moi » (rires).
Merci beaucoup à toi Gage…j’admire ton talent et ta sincérité. Je te laisse conclure en vidéo…
+ d’infos : www.myspace.com/gagemusique
www.gagefan.com
www.gage.mu
Déposée le 14/06/2008 par TiTFaM - Source: rnbjam.com - vu 2732 fois
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