Avez-vous déjà écouté de la pop-soul ? Non ?! Alors vous devriez écouter Mayrina Chebel. Si à l’écoute de son premier single (Tant d’Amour à Donner), on ne peut s’empêcher de la comparer à Amel Bent, son premier essai se révèle pourtant être d’une autre teneur musicale. Entourée d’artistes talentueux (Akhenaton, Shurik’N, Carlos Mckinney, Chien de Paille…), l’album « Ailleurs » nous permet de prendre la pleine mesure du talent de la jeune lyonnaise…
Bonjour Mayrina. Commençons par le commencement. Peux tu nous présenter ton parcours ?Originaire de Lyon, j’ai débarqué à Paris pour la musique. J’ai donc quitté famille, amis, travail…Car si tu veux commencer une carrière dans le domaine artistique, c’est à Paris que ça se passe. Au bout de trois mois, j’ai eu la chance de pouvoir rencontrer quelques producteurs, on a enregistré une dizaine de morceaux, et on est allé voir les maisons de disque. Finalement on s’est arrêté sur AZ. Valéry Zeitoun est quelqu’un de passionné. Il a aimé mon projet, il m’a soutenue, il m’a conseillée. Et j’ai aussi une super équipe derrière moi…
Tu n’avais donc, jusqu’ici, pas de background musical ?Mis à part quelques petits featurings avec des rappeurs de Lyon, non pas vraiment. J’ai fait une fac d’anglais, un BTS, je voulais avoir un bagage au cas où ma carrière dans la musique ne marcherait pas.
A mon arrivée sur Paris, les gens s’étonnaient du fait que je n’avais pas de background musical, comme s'il fallait trimer pour être crédible… Beaucoup de gens misent sur leurs vécus difficiles pour faire de la musique, mais moi je n’ai pas eu un passé difficile, et je touche du bois pour ne pas vivre de moments difficiles
(rires).
Ton album a été produit et écrit par des membres d’IAM, comment s’est déroulé la rencontre ?La maison de disque m’a demandé avec qui je voulais collaborer. Forcément, j’ai proposé des noms qui m’intéressaient : IAM, Moiz de Tribal Jam, Disiz La Peste…
Mon producteur était en contact avec Shurik’N, on est donc allé à La Cosca à Marseille pour faire écouter quelques sons à Akhenaton et Shurik’N. Après écoute, ces derniers ont été partants pour un morceau, mais au final je me suis retrouvée avec la moitié de l’album écrit et réalisé par Akhenaton et Shurik’N
(rires).Donc tous ceux avec qui tu voulais travailler ont accepté ? (rires)Oui, j’ai eu beaucoup de chance ! Akhenaton et Shurik’N m’ont accueillie les bras ouverts, c’était vraiment un plaisir de travailler avec eux. Et oui, les rappeurs ne font pas que du rap !
(rires). Moïz est simplement un de

mes chanteurs R&B français préférés, donc c’était super impressionnant de travailler avec lui !
Concernant Disiz, j’y suis allée au culot. A la fin de son concert, je lui ai demandé s'il voulait poser en featuring sur un de mes sons… Après écoute, il a aimé et donc ça s’est fait !
Mais contrairement à ce que l’on peut penser ce n’est pas parce qu’on a des têtes d’affiches sur son album que celui-ci va se vendre plus facilement…
Au niveau du single, tu as choisi un morceau sans, justement, de « têtes d’affiches », est-ce un choix personnel ?Oui, quitte à être connu autant l’être par rapport à soi même, pas seulement grâce à un featuring. Aujourd’hui je lis dans pas mal d’articles que je suis la « protégée d’IAM », c’est super flatteur, mais bon j’existe aussi à part entière (rires).
Mais c’était aussi un souhait de la maison de disque qui ne voulait pas un featuring, surtout que ces derniers ne sont pas des singles potentiels. Le single
Tant d’Amour à Donner n’était, à la base, pas sur l’album. Quand on démarchait les radios, celles-ci refusaient sous prétexte que mes sons étaient trop matures, que ces derniers ne s’adressaient pas suffisamment aux ados. Donc le gros compromis a été d’enregistrer ce single. Je ne regrette pas pour autant. Du coup NRJ l’a tout de suite pris, et le morceau a tourné deux mois et demi… Depuis, on se bat pour que soit pris notre deuxième single
Tout Est Ecrit, qui est un peu dans la même veine R&B que le premier single, mais avec un texte peut être un peu plus dur.
Tu ne regrettes pas ces concessions ?Non, non, pas du tout. Ces singles collent aussi à ma personnalité. Même si je suis plus orientée sur des sons comme
Ça Groove ou
Paradize, les deux singles font aussi partie de mon univers musical.
Beaucoup de gens se sont arrêtés à mon premier single, disant que c’était du Amel Bent, que j’étais encore une énième chanteuse R&B… Je ne suis pas contre la comparaison, mais il ne faut pas que l’on s’arrête à ce morceau puisque l’album est d’une tout autre veine.
Pourquoi ne pas avoir sorti des morceaux plus énergiques comme Ça Groove par exemple ?Ben c’était « trop soul » pour les radios, ils nous ont dit que c’était trop qualitatif ! Je n’avais jamais entendu ça auparavant, à les entendre j’avais un album trop bien pour la radio ! (rires)
Mais sur scène, j’essaie de jouer au maximum des sons comme
Ça Groove ou
J’y Survivrai, pour que le public ne s’arrête pas seulement à mon single.
Pour en revenir à l’album, pourquoi l’avoir nommé « Ailleurs » ?Car l’album a différents univers musicaux : de la soul, du R&B, de la pop. Je dis d’ ailleurs que je fais de la pop-soul. Mes thèmes sont différents, il y a des sujets légers, d’autres plus durs. C’est comme un voyage. Donc j’ai voulu que tout le monde voyage en écoutant cet album…
A l’écoute de certains titres, l’album semble marquer un nouveau départ pour toi…Oui exactement, ça marque le début de ma vie à Paris, le début de ma vie artistique, mon entrée dans le monde de la musique.
Contrairement à la plupart des artistes R&B, le thème de l’amour est peu présent dans tes textes…Oui c’est vrai que ce thème ne m’intéressait pas vraiment, du moins pas pour ce premier album.
Les deux seuls textes traitant d’amour ont été écrits par des hommes. Ainsi Sako[1] a écrit
Dans Les Yeux Des Hommes et Akhenaton
M’envoler, car je trouve que les filles ont tendance à tomber facilement dans la guimauve.
En parlant d’écriture, as-tu participé à l’élaboration des textes ?J’ai écrit la moitié de l’album avec Julien Vichnievsky, ce sont plutôt les morceaux pop/soul de l’album, l’autre moitié a été écrite et composée par Akhenaton et Shurik’N. Sako a écrit
Dans Les Yeux Des Hommes et Hal[2] a composé
Flora. Donc Marseille est dans la place
(rires)J’ai d’ailleurs cru que tu étais marseillaise !C’est vrai qu’ils sont très « famille » et qu’ils travaillent beaucoup avec les marseillais…Mais bon je suis lyonnaise ! On s’embrouillait d’ailleurs pas mal sur le foot
(rires). C’était une ambiance familiale et studieuse, on arrivait à 10h et on partait à 20h. C’était super intéressant de travailler avec eux !
Pour le deuxième album, si deuxième il y a, c’est obligatoire que je retravaille avec eux ! Mais pour l’heure, je me concentre sur le premier, j’ai tellement travaillé dessus, je ne pense pas que je pourrais le laisser si facilement, même si ça prend un ou deux ans, j’irai jusqu’au bout.
[1] De "Chien de Paille"
[2] De "Chien de Paille"
Déposée le 02/04/2009 par Sasiharan a.k.a Jazz - Source: rnbjam.com - vu 595 fois