Interview › Soulfinger Expérience - Nouvelle Expérience
Deux ans après un premier album aux sonorités soul acoustique, Soulfinger Expérience revient sur le devant de la scène. Tout Va Très Bien, leur premier single, tranche avec le rêveur Juste M’imaginer qui les a fait connaitre auprès du grand public. Nouvelles sonorités et nouveau style, mais heureusement l’équipe reste inchangée. On retrouve toujours Eric à la production et Rizlène au chant. Entretien avec le duo.
Bonjour Eric et Rizlène, pouvez-vous nous présenter vos parcours pré-Soulfinger ? Eric : Ancien DJ, ancien animateur radio, passionné de musique, j’ai créé en 2001 le label Soulfood. Sur celui-ci, j’ai produit quelques sons pour des groupes belges, puis j’ai enchaîné en France avec des compils comme « Soulfinger Experience » et « Les Soulfood Sessions », avant de rencontrer Ryz… Rizlène : Je chante depuis l’âge de 12 ans, j’étais choriste pour des groupes de hip hop bruxellois. J’ai rencontré Eric par hasard lors d’une soirée. Je me souviens qu’à l’époque j’avais un t-shirt « Marvin Gaye ». Eric est venu me parler et m’a demandée si j’étais fan de Marvin ! Il s’en est suivi une discussion, on s’est rendu compte qu’on avait des connaissances communes. On a logiquement décidé d’avancer ensemble sur notre passion, la musique.
Donc le groupe n’est pas une « expérience » provisoire ? Eric : Non pas du tout. En fait ce qui me dérangeait lorsque je faisais des compils c’était que je ne pouvais notamment pas faire de lives, chacun ne pouvant pas forcément être disponible au même moment c’est difficile à gérer.
Votre premier album est sorti il y a deux ans, comment le décririez-vous ? Eric : Le premier album était une mise en bouche, c’est une première expérience du studio et de la scène pour le groupe. On avait pris du temps pour enregistrer l’album, car on voulait vraiment faire les choses bien. Rizlène : C’était aussi ma première expérience en tant que chanteuse car, comme je l‘ai dit, avant j’étais choriste. Du point de vue de nos influences, on voulait vraiment poser les choses. C’est un album orienté pop-acoustique.
Est-ce que les personnes qui ont écouté le premier album peuvent s’attendre à autre chose pour la suite ? Eric : Oui le EP est déjà d’une autre teneur. Je vis une partie du temps à New York, là bas, j’ai commencé à produire quelques sons, comme je n’avais pas mes musiciens, j’ai utilisé des sampleurs, le résultat est que ça sonne plus urbain. Quand je suis revenu Ryz m’a dit pourquoi pas garder le truc en l’état… Mais cela reste du Soulfinger, les influences sont là, il y a juste moins de musiciens, c’est plus urbain, plus pêchu.
Peut-on attendre des invités ? Rizlène : Oui, il y a Laure milan, mais aussi Akro un rappeur belge…
Comment ça se passe au niveau de la production, pour l’écriture des textes… Eric : Ryz et moi faisons les mélodies. Moi, je m’occupe de la production, on est complémentaire. Au niveau des textes c’est aussi nous deux qui les écrivons.
Par rapport au thème abordé, le premier single est original dans son contenu, de ce fait peut-on attendre un album « engagé » ? Eric : On parle de phénomènes de sociétés, c’est notre regard par rapport à certains faits sociaux. Les textes sont un plus directs que sur le premier album. Rizlène : C’est un album plus social on va dire, un album qui colle aux thèmes d’actualité. En comparaison le premier album est un album d’espoir, d’amour. Là, on voulait que ça sonne vrai, que ce soit plus réaliste…
D’où le nom de l’album « Realistik » ? Eric :(rires) Le nom de l’album c’est une blague car finalement ça ne sera pas ça… Pour le EP on a les neuf titres, mais pour l’album on ne sait pas encore combien il y aura de morceaux au total. Donc il faut aussi voir par rapport aux morceaux qui seront sur l’album. Tout ce qu’on peut te dire c’est que les morceaux du EP ne se retrouveront pas sur l’album.
L’album sort sur ton label, est ce difficile d’être en indépendant ? Eric : Oui, c’est difficile… Pourtant on a été approché par des maisons de disques. Après, ces dernières ont leurs façons de voir les choses. Moi j’ai la chance avec Rizlène d’avoir mon propre label, on peut s’autofinancer. Sinon artistiquement on n’aurait pas pu faire « Tout Va Très Bien ». Les maisons de disques c’est super quand ils sont « close to close » avec toi, quand ils ne veulent pas t’imposer un truc.
Au final est-ce que cela vous permet quand même de vivre de votre passion ? Globalement est ce que l’on peut vivre de sa passion lorsqu’on est un artiste soul en France ? Eric : C’est difficile à dire. La musique c’est un business. Si je devais financer mon album seulement avec les sons de Soulfinger on aurait rencontré des difficultés financières. De plus les concerts ne rapportent pas beaucoup…La chance que j’ai, c’est d’avoir développé le coté publishing, aux Etats-Unis notamment, c’est ce qui permet de faire rentrer de l’argent. C’est pour cela que je trouve fantastique ces artistes qui font vivre la musique soul même s'ils ne vivent pas de leur musique.
Par rapport à ton label, est ce que tu projettes de produire, de signer des artistes ? Eric : Oui, mais le problème est qu’il ne faut pas promettre tout et n’importe quoi. Ca demande des moyens et du temps. Donc, si je ne peux pas donner tout cela à l’artiste, je préfère attendre. Ma première vraie signature est Rizlène.
De ton coté Rizlène est ce que tu envisages de sortir un album solo ? Rizlène : Oui peut-être. Mais je serai forcement amenée à travailler avec Eric. On s’entend et se connait bien, avec lui je sais très bien où je vais. Mais chaque chose en son temps… Eric : Dans Soulfinger on regroupe ce qu’on aime faire tous les deux, après il y a des sensibilités propres à chacun. Rizlène est plutôt soul folk, donc peut-être qu’il y a aura de ça sur son album…
Là, c’est votre première scène pour la promo de votre nouveau single, est ce que d’autres dates sont prévues ? Eric et Rizlène : On a une grosse date en octobre à l’Européenne. Entre temps il y en aura d’autres de prévu, mais ce n’est pas encore confirmé…
Vous intéressez-vous à la soul française ? Eric : Oui ! Je suis toujours à la recherche de nouveaux artistes ! (rires) Rizlène : On a rencontré Oncle Ben, Laure Milan, on est ouvert… Il y a une scène, il y a d’excellents artistes…
Qu’est ce qui manque à la scène francophone pour que celle-ci explose ? Rizlène : De l’exposition, car il y a un énorme potentiel. Je trouve qu’on ne donne pas assez leur chance aux artistes…
EP dans les bacs le 10 juin 2009 L'album devrait sortir courant octobre 2009 http://www.myspace.com/soulfingerxp
Déposée le 10/05/2009 par Sasiharan a.k.a Jazz - Source: rnbjam.com - vu 1445 fois