Il y a environ 2 ans de cela, j'échangeais quelques mots avec Tynisha Keli, une jeune chanteuse qui m'avait touché à travers sa musique, son histoire et sa simplicité. Son premier album "Chronicles of TK" est enfin sorti le 23 avril dernier. Place à ma Ty !Hey T, cela faisait un moment qu’on avait pas discuté. Entre temps, tu as fait énormément de choses, dont la plus importante : ton 1er album qui est enfin là! Peux-tu m’en dire plus sur celui-ci et les 2 années passées ?Je suis aux anges du fait que mon album voit enfin le jour. J’ai énormément travaillé pour cela. Ces 2 dernières années furent TRES intéressantes… J’imagine que ce n’est que le prélude du commencement… Enfin, ce fut également l’occasion de pas mal d’expériences et de diverses émotions : le single est sorti en décembre 2007, mon petit frère est né le même mois, quelques jours après en fait... Comme dit juste avant : ce fut très intéressant !
Comme le dénote le titre de ton album “Chronicles of TK”, c’est un album très personnel. Il démarre avec “Conversation with god” qui parle des moments difficiles, “tout autour de toi était brisé” hormis la musique. Qu’en est-il aujourd’hui ?Oui, à l’époque, pour moi, tout était brisé. Aujourd’hui ? Et bien, on peut me comparer à un vase dont on a recollé les morceaux : il ne ressemblera jamais à ce qu’il était avant, les traces des fissures et des bris demeurent. On verra toujours les cicatrices… Je suis comme ce vase. Je continue de vivre les dommages collatéraux des souffrances passées, mais je travaille beaucoup sur moi-même, et je dois dire que je suis bénie. J’ai appris à couvrir ces cicatrices, et à aller de l’avant. Avec l’âge, on devient plus sage, et tout devient plus facile avec le temps.
Tu sais, si le vase valait la peine qu’on le recolle, c’est qu’il était apprécié pour sa beauté, son histoire et tout ce qu’il pouvait évoquer, et il peut devenir une pièce unique que l’on expose, une sorte de chef d’oeuvre. Tu travaillles dur, tu mérites toutes ces bonnes choses ;)
Tynisha Keli - Chronicles of TK
01 Conversation With God
02 I Wish You Loved Me
03 Rockstar
04 Woman
05 Lullabye
06 Walls Up
07 Misunderstood
08 Shattered
09 Spotless Mind
10 Lights Out
11 I'm Gone
12 You & Me Against The World
13 It's Over
Tu as toujours beaucoup écrit, mais sur cet album, des gars comme les Cornaboyz, Corte Ellis, James Fauntleroy ou d’autres ont co-écrient et posent des mots sur ta vie. Comment s’est déroulé ce travail d’écriture si personnel?J’ai écrit la majeur partie de l’album. La plupart du temps, quant tu vois sur les credits “co-écrit”, cela ne veut pas forcément dire qu’ils ont écrit, cela peut signifier qu’ils ont produit le morceaux, ce qui parfois les crédite automatiquement en tant qu’auteur. J’écris tous les jours, et j’ai l’immense chance d’avoir des personnes si talentueuses pour mon premier album. Je suis très reconnaissance qu’ils soient tous venus lors de son écriture, ce qui m’a également permis de perfectionner ma plume. Y’a-t-il une meilleure façon d’apprendre l’art d’écrire autrement qu’en étant avec les meilleurs ?
C’est vrai et c’est d’ailleurs la même pour tous les domaines : être auprès des plus grands permet de devenir meilleur ! Pour ce qui est des interprétations, Il n’y a aucun featuring. Personne ne pouvait partager et chanter avec toi tes histoires ?Non, non. Il ne s’agit pas tant de savoir si telle ou telle personne peut interpréter telles ou telles histoires, ni du fait que je ne veuille pas chanter avec d’autres. Cela dépend plutôt de celui qui est derrière toi, financièrement parlant, et si il croit assez en toi pour te laisser ta chance. Je suis entre 2 situations : celle d’avoir la chance de pouvoir réaliser mon projet et celle de patienter X temps pour enfin sortir du concret.
Cela fait environ 6 ans que tu es dans le game, tu as pu travailler avec des grands noms tels Brian Michael Cox, Justice League, les Cornaboyz, Robin Thicke, Co-Stars et tant d’autres… Qui a définitivement marqué ta musique ? Avec qui gardes-tu les meilleurs souvenirs et avec qui souhaites-tu en partager plus ?En fait, cela fait plutôt 9 longues années que je suis dans l’industrie musicale. Et ils ont tous marqué ma carrière. Robin Thicke est un ange et SIIII talentueux. J’ai toujours été une fan inconditionnelle des melodies de BMC (Brian Michael Cox), donc travailler avec lui a été une expérience irréelle pour moi. C’est impressionnant les facilités qu’il a à s’impreigner de diverses influences. Justice League et Co-Stars sont extras et très talentueux également, et je suis très heureuse d’avoir collaboré avec eux. Tous ont été une étape dans mon apprentissage. Mais, les Cornaboyz sont et seront toujours ma famille. Depuis le premier jour, ça a collé, nous avons enregistré 2 titres dans la journée. Après cela, je suis retourné à Atlanta, et on a enregistré IWYLM (I wish you love me) ! Maintenant, je fais partie d’une famille, formidable et talentueuse !
Au temps pour moi ! En plus, je le sais parfaitement que tu as commencé à 14 ans !!! Faut que je retourne à l’école pour apprendre à compter… Bref… J’espère que tu continueras de t’entourer des meilleurs. A ce propos, avec qui souhaites-tu aujourd’hui travailler ?Je n’ai pas vraiment de préféré, mais j’adorerai travailler avec Usher. Mais tu sais, quand on est passionné de musique comme moi, tout ce qui compte est de créer de la bonne musique.
En 2 ans, tu as enregistré de nombreuses chansons qu’on ne retrouve pas sur l’album… Quels ont été les critères pour le choix final ?Et bien, malheureusement, quand tu es signé en major, tu as un patron qui prend les décisions finales. J’avais choisis ce qui me paraissait être le mieux pour faire de mon disque un album parfait. Le boss m’a convoqué et demandé de le lui faire écouter, et il m’a suggéré de mettre plutôt tel ou tel titre à la place d’autres, etc… Mais il n’y a que 3 chansons que j’avais choisies à la base qui ont été remplacées.
C’est un peu dommage… Mais il reste “Misunderstood” qui est la chanson de l’album qui te tient le plus à coeur. Tu te livres et parles des fois où, incomprise, tu “faisais le contraire de ce que tu aurais du faire”. Quand tu reviens en arrière, as-tu des regrets sur ces choix ?Non, je continue de ressentir cette impression d’incompréhension. Cette chanson décrit ce à quoi à consistait ma vie depuis qu’elle a été bouleversée, et de la manière dont les gens ne me voyaient que d’un point de vue extérieur. La plupart d’entre eux n’avaient aucune idée de ce que j’avais pu vivre. J’y exprime aussi les répercussions d’une éducation endommagée. Je sais que je ne suis pas la seule à avoir vécu cela, il y a des millions d’autres enfants qui grandissent dans ces mêmes malheurs, si ce n’est pire. Quand je parle de la disparition de mon père, j’évoque immédiatement comment ma mère a rejeté la faute sur mon frère et moi, et la manière dont elle nous a culpabilisé au lieu d’aimer ce que mon père lui avait laissé.
Heureusement, il y a eu ta seconde mère : ta tante Michelle. Elle doit être très fière de toi. Que voudrais-tu lui dire maintenant?Je lui dirais que je l’aime et qu’elle me manque. Je la remercierai pour avoir été une de ces nombreuses bonnes étoiles qui m’ont guidé dans mon voyage de la vie. Je lui dirai aussi qu’elle prenne soin de Tazmyn pour moi.
Tu es actuellement au Japon pour enregistrer le clip de “Shattered”. Tu rencontres un énorme succès là-bas. Comment l’expliques-tu ?(Rires) Oui c’est vrai, et je n’en ai AUCUNE IDEE ! Mais j’en suis vraiment honorée. Etre au Japon est une expérience incroyable pour moi, tout comme enregistrer le clip, car même si on ne parle pas la même langue, tout ce que le réalisateur avait à faire était quelques gestes, et je savais ce que j’avais à faire de mon côté, c’était incroyable ! En tout cas, c’est une opportunité dans ma carrière !
Tu restes très proche de tes fans. Tu enregistres chaque semaine des vidéos où tu réinterprètes un titre à leur demande. Peux-tu chanter quelque chose pour moi ?