
On ne présente plus Beverley Knight, véritable figure de proue de la black pop anglaise depuis déjà plus de 15 ans. Il est toujours rassurant de voir que certains piliers restent encore solides de nos jours. Dans une industrie du disque impitoyable, et particulièrement vorace outre-manche, Beverley fait figure d'exception. En effet, peu d'artistes produisent encore des albums dans ce registre, à cadence régulière. Il faut dire que le succès métronomique de la diva anglaise est en grande partie dû à sa capacité naturelle à changer de registre d'un album à l'autre.
Ainsi, à l'image de ses précédents opus, celui-ci prend l'auditeur à contre-pied, mais cette fois-ci sur son propre label (Hurricane Records). Après avoir ravivé les flammes de la rétro-soul avec "Music City Soul" (un peu avant que la hype n'en fasse une proie de prédilection), la voici qui se replonge dans un univers funk-old school rnb, qui fait clairement référence aux années 90. Le premier single Beautiful Night ouvre le bal, et d'entrée, c'est la surprise. Inattendu, ce premier titre pop moelleux, laisse l'auditeur dubitatif. Au delà du fait qu'il soit répétitif et un peu naïf pour une entrée en matière, il cède à la tendance du moment, à savoir une production digitale trop présente, et dégage une vibe synthétique. Le titre suivant poursuit dans cette direction, avec des parures électro en abondance.
Mais à partir de In Your Shoes, soit le troisième titre, Beverley nous balance enfin un titre qui groove, avec une production funk qui n'est pas pour nous déplaire. L'album continue à se déployer avec aisance avec des titres comme l'excellent 100%, l'explosif Soul Survivor en duo avec Chaka Khan (à la base destiné à Tina Turner) ou le sublime Square Peg, qui n'est pas sans rappeler la mythique ballade Sista Sista, issue de l'album "Prodigal Sista". Les compositions pour la majeure partie de bonne facture, ont été mises entre les mains expertes de producteurs comme Jimmy Hogarth (Amy Winehouse, Estelle), Guy Chambers (le fidèle complice de Beverley), Amanda Ghost (Jordin Sparks, Beyoncé), Jimmy Jam et Terry Lewis (Janet Jackson), qui ont su diriger "100%" sur une voie solide et cohérente.
Après un début difficile, il faut reconnaître que "100%" prend de l'ampleur et finit par tenir ses promesses. Ce n'est sans doute pas le meilleur album de Beverley, mais il n'en reste pas moins de très bonne facture. Le début chaotique nous empêche de le classer dans les albums incontournables de cette année, et c'est bien dommage. On n'est pas passé loin !
Déposée le 30/10/2009 par Static - Source: rnbjam.com - vu 1289 fois