Chronique d'album Me'shell Ndegeocello - The World Has Made Me The Man Of My Dreams
Voyage au cœur du mystère
Le 7ème album de Me’shell Ndegéocello est une surprise. Pour tous ceux qui croyaient à un retour plutôt groovy, ce sera une déception. Pour tous les autres, un bijou.
The World Has Made Me The Man Of My Dreams est une évolution logique de ses travaux précédents. Longtemps perçue comme une avant-gardiste, elle n’hésite pas à se dévoiler entièrement dans ce nouvel opus. Les thèmes d’appartenance (un titre porte son véritable nom « Michelle Johnson»), de religion (avec le morceau d’ouverture « Haditha »), de famille (un morceau entier est dédié à son fils « Salomon »), ainsi que de rage, de désespoir (« The sloganeer : Paradise ») et d’amour en apesanteur (« Elliptical »). Autant de thèmes banales diriez-vous, mais pas repris à la sauce Me’shell.
Bassiste de renom et de talent, chaque morceau de l’album est imprégné de cet univers rock avec une pointe d’électro ou bien encore de trip-hop (avec les morceaux « Solomon » ou « Lovely Lovely », assaisonné de rythmes africains sur « Shirk ». Le savant mélange des genres dont elle a su faire preuve nous plonge dans un univers mystique, tantôt doux mais très souvent brut, parfois un peu trop pour nos oreilles de R’n’B lovers.
Une me’shell fidèle à elle-même dans ses textes qui relève ici un bilan poussé, ponctué de remises en question du monde entier. Une douceur dans un monde de brutes, crée de toutes pièces.
Les amateurs de R’n’b auront un penchant pour les morceaux « Elliptical », « Virgo » et « A Different Girl (Every Night) »…. On parie ?